samedi 28 novembre 2009

Parce que des fois, la seule chose qui vous vienne à l'esprit, c'est la lumière...


Duo baignade ardoisières 2008

Solo Bretagne 2008

Trio Vendée 2008 — Xavier

Solo Bretagne 2008

Duo Bretagne 2008 — Gloria

Duo Bretagne 2008 — Gloria

Groupe Angers 2008 — Julien & Xavier

Solo Vendée 2009

vendredi 27 novembre 2009

Le moine, sa toge et ses franges



Un soir où je bossais dans un de ces bars où l'habitué l'est plus que le serveur, un type gros bras tatoués, bombers et crâne court s'assied sur un tabouret en face de moi. La politesse étant d'usage courant au dessus du zinc vernis de bière, un silence de costaud s'installe entre deux choix de mousse. Après s'être rendu compte qu'il allait tout de même falloir m'adresser la parole pour commander un demi, le type ose regarder de mon côté. Les premiers regards sont hésitants mais après avoir accroché quelque chose, il se décide enfin à poser ses deux coudes sur le comptoir. Je ne l'ai pas entendu faire de tentative d'accordage, sans doute pour mieux parler dans sa gorge, là d'où vient cette sonorité rauque et inquiétante.

- "Vous êtes du coin ?" Il m'adresse un mouvement de menton de travers.
- "Heu... oui, pourquoi ?" Je suis surpris par le vouvoiement.
- "C'est quoi, c'est un club ?" Il adresse un mouvement de menton de face à mon t-shirt.
- "Quoi, çà ?" Je lui montre le logo de mon t-shirt.
- "Ouais..." Pour lui c'est évident.
- "Non, c'est une asso...." Il est impressionné.
- "Ah ouais... Vous êtes combien ?" À quoi est ce qu'il joue ?
- "Trois" Il n'est plus impressionné du tout.
- "C'est tout. Vous roulez beaucoup ?" Je commence à comprendre, je souris intérieurement.
- "Oui, pas mal" Il est surpris. J'y vais doucement...
- "C'est bizarre, c'est vieux ? J'vous ai jamais vu avant..." Il a l'air dubitatif. Je me marre dedans.
- Je hausse les épaules en voulant faire passer l'idée que la route est longue même si le monde est petit.
- "De quelle années vos bécanes ?" Parfait ! Je me régale.
- "Soixante, soixante-dix" Il est étonné et intéressé.
- "Vous roulez sur quoi ? Des Anglaises ? Américaines ?" Je suis en roue libre, comment faire durer plus longtemps ?
- "Française surtout" Il ne comprend pas.
-"Mais c'est quoi vos marques ?" Fin de la descente.
-"Gitane, Mercier, Cybreta, ..." Il me regarde pour la première fois en face.
-"Mais c'est quoi votre truc... c'est de la moto ?" Virage en épingle, dérapage.
-"Non, c'est du vélo" Reprise d'adhérence, il passe son chemin.

Je portais un t-shirt arborant fièrement notre logo "La Tête dans le Guidon".

mercredi 25 novembre 2009

La roue tourne...

... ou comment la bicyclette tient en équilibre
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Je me suis souvent demandé à quoi tenait cette plénitude de la bicyclette que je ressentais, pourquoi la balade d’un jour ressemblait souvent à ce que j'imagine être le défilé d'une vie. Vous vous attendez peut être à ce que je déroule le scénario d'une sortie type, vous reconnaissant dans mes propres métaphores, mais vous pouvez aisément construire par vous même votre caverne, si vous êtes comme moi cycliste, et, si ça n'est pas le cas, je vous encourage à l'expérimenter. Il y a quelques temps, ailleurs que dans l'effort d'un chemin poussiéreux mais bien au chaleureux calme d'une bibliothèque, j'ai trouvé quelques éléments de réponse, par hasard, en feuilletant un ouvrage sur la peinture. Dans ce livre, deux tableaux ont retenu mon attention. Le premier du Caravage et le deuxième d’Edward Burne-Jones.


Sur ces deux tableaux, la présence immanquable d’une roue, posée là comme un décor indispensable à la mise en scène. Dans la première, une roue abîmée à pics acérés dotée de manivelles, dans la deuxième une roue qui tourne sous l'effleurement de la main. Deux peintures, deux scènes, deux femmes, deux roues, deux événements de nature très différente. Après une simple recherche, j’apprenais que la première peinture représentait un intervalle imaginaire après la séance de torture miraculeusement échouée d'une sainte, finissant tout de même par être décapitée, et que l'autre dépeignait l'oeuvre de la déesse du hasard. Observons d'abord la première roue. Ça ne vous dit rien ? Il faut vraiment manquer d'imagination ou être un ange pour en négliger les possibilités. Le supplice de la roue procédait de deux façons. Voici la première : le condamné est attaché sur une croix de Saint-André pourvue d'encoches. À leurs niveaux, le bourreau frappe les membres avec une barre de fer pour les briser, puis, d'un grand coup, il lui défonce la poitrine. Il attache alors le supplicié, bras et jambes repliés sous lui, sur une roue montée sur un essieu et le laisse ainsi exposé jusqu'à ce que mort s'en suive. Le deuxième modèle de roue à supplice fonctionnait ainsi : le condamné est pieds et mains liés sur le pourtour de la roue, en demi lune, face vers l'extérieur. La roue est maintenue verticalement par un châssis et mise en mouvement par l'action d'une manivelle. Le supplicié, dans cette macabre rotation, se fait alors arraché la chair par des pics poser à terre... Vous percevez la résonance, vous aussi ? On dirait l’article d’un Blondin moyenâgeux portant sur un grimpeur souffrant le martyre dans l'ascension du Ventoux. Il est alors tentant de faire une petite comparaison, chacun sa transmission mais pour tous les deux la torture :


Si Michaux a intégrée cette roue presque telle quelle sur son invention, il a fallu attendre l'intégration du pédalier au perfectionnement de la machine pour voir réapparaître clairement les pics métalliques. Les manivelles existent toujours, mais faisant cette fois-ci levier sur une couronne dentée transmettant le mouvement à la roue arrière par la liaison d'une chaîne. Chaîne qui transmet aux jambes l'information pesante de la gravité, de la réalité de la matière en provenance directe de la roue arrière, cette roue de souffrance. Mais qu'en est-il de la roue avant, alors libérée de ce lourd passé de torture ?


Revenons à nos deux peintures et observons maintenant la deuxième roue, celle dans le tableau d’Edward Burne-Jones. Ici, pas de pointes métalliques inquiétantes ni de visages grimaçants de douleur, mais des yeux fermés, des corps subissant sans effroi le balancement de la roue. Sa mise en scène est très proche de celle de la roue du supplice, mais sa fonction est bien différente. Sur une peinture plus parlante, nous découvrons que sur la roue de fortune figure une phase ascendante, un chien pourvu d'un collier, signe de soumission puis un sommet, un sphinx couronné, signe d'accomplissement et enfin une phase descendante, un singe symbolisant la décadence. Ces trois animaux illustrent ainsi un cycle d'évolution où la position dominante est difficile à maintenir, le haut de la roue étant en équilibre instable. Tellement instable que ces deux roues peuvent s'interconnecter : si la roue devant accueillir la torture de Sainte Catherine d'Alexandrie s'est miraculeusement démembrée avant le supplice, la fortune ne lui a pas pour autant sourit dans le temps, la lame du docteur Gillotin s'étant elle logée là où elle devait. La fortune c'est le destin, le hasard et ce qui est obtenu en saisissant les occasions qu'ils offrent, bonne ou mauvaise fortune. D'une manière allégorique, la fortune est, dans la mythologie romaine, la déesse du hasard, d'où la femme actionnant la roue dans la peinture d’Edward Burne-Jones. Nous voici donc maintenant en pleine descente du Ventoux, le guidon tremblant, nous emmenant tout droit à la victoire où dans le ravin.


Le tableau de la bicyclette est maintenant recomposé, comme l'analyse d'un outil servant à appréhender le quotidien, permettant ainsi de continuer à vivre avec un bon coup de pédale, plus à l’aise en roue libre et en lâche-main bien assis sur le passé qu'à se traîner des grosses poutres à cloche-pied...



Démonstration parlante de sexpoutrette :
video

vendredi 20 novembre 2009

Avoir l’apprenti dans le soleil



"À force de gravir des côtes et de n’avaler que des kilomètres, voyez quel pauvre squelette est devenue votre bicyclette ! La mienne quitte le moins possible son abri et possède aujourd’hui un guidon potelé, une selle rebondie, ses tubulures structurent une carnation florissante et même son léger embonpoint atteste de sa bonne santé. Raillant les sportifs affûtés jusqu’à l’âme, nous ne sortons guère que pour nous rendre bras dessus bras dessous à la pâtisserie." Eric Chevillard, L'autofictif, 20 mai 2008

samedi 3 octobre 2009

Berlin - Teufelsberg


Une peinture rupestre à l'intérieur du globe supérieur du Teufelsberg, souvenir d'une surprenante balade à vélo.

Extraits : "Teufelsberg ou la montagne du Diable. La petite colline artificielle est pourtant le trait d’union improbable entre un projet d’université nazi, la destruction de Berlin, les services secrets américains et les aspirations spirituelles de David Lynch. Sous nos pieds, à quelques mètres sous terre, une université nazi militaire conçue par Albert Speer. Conçu pour résister à toutes sortes d’attaques, le bâtiment montra une résistance exceptionnelle aux charges explosives employées par les Alliés chargés de faire disparaître l’édifice. On décida, à défaut de faire exploser le bâtiment, de l’ensevelir sous les gravats de la ville après les destructions de la guerre, soit environ 12 millions de m3 de briques, de poutres et d’ardoises.
Il est là le Berlin en noir et blanc qui s’affiche aujourd’hui sur les murs du U-bahn, le Berlin des cabarets des années 20, le Berlin des ruelles qui faisait la vie de l’Alex… Sous nos pieds. Ce sont ces pierres et ces ardoises qui éventrent par endroit la pelouse qui hier faisaient la ville. Et comme l’histoire aime les coups du sort, c’est un formidable panorama du new-Berlin que la colline donne à voir. Au sommet de la colline, une tour bien étrange, ornée d’une boule blanche, est le centre de toutes nos attentions. Cette tour, c’est celle d’un des plus grands centres d’espionnage américain de la NSA construit pendant la Guerre Froide. Les dômes, pareils à de gigantesques balles de golf, abritaient les radars en charge d’intercepter les signaux audio en provenance de Berlin-Est. A la chute du mur, le centre a été fermé et les radars retirés, mais les dômes et les bâtiments sont restés. Dans les années 90, un groupe d’investisseur a racheté la colline à la ville pour y construire des hôtels et faire de la station NSA un musée de l’espionnage, mais le projet ne s’est pas réalisé. Comme si les anecdotes relatives à Teufelsberg n’étaient déjà pas assez nombreuses et fascinantes, voilà que David Lynch annonce en 2007 qu’il souhaite racheter l’endroit pour y fonder avec l’Allemand Emanuel Schiffgens une université dédiée à la philosophie de la « méditation transcendantale » qui s’intègrerait dans un réseau mondial d’ « universités invincibles ». Lynch et Schiffgens sont tous les deux disciples du maître Maharishi Mahesh Yogi, le créateur du concept de « méditation transcendantale ». Le projet avait déjà son lot de bizarreries, mais voilà que, lors d’une présentation du projet à Berlin, Schiffgens déclare : « Nous voulons une Allemagne invincible ! ». La salle proteste et un homme réplique « Adolf Hitler voulait ça également ! ». Ce à quoi Schiffgens répond : « Oui, mais malheureusement il n’a pas réussi !». Lynch qui ne comprend pas l’allemand ne réagit pas. Est-ce la nature du projet ou les déclarations douteuses de Schiffgens qui compromettront sa réalisation ? En tout cas, Lynch et Schiffgens ne recevront pas l’autorisation de construire leur université."




Plan plus grand

vendredi 25 septembre 2009

Doublé



Il arrive que l'on trouve par hasard, sur la route, de beaux plans-séquences qui vous laissent penseur. De retour d'une journée de pédalage dans une campagne déserte, le soleil brûlait ses dernières réserves. Je profitais seul de ce paysage rétro-éclairé tout en me demandant comme d'habitude si regarder un couché de soleil est plus beau de face, presque éblouit par cette source mystérieuse de chaleur et de lumière, par cet oeil de projecteur qui brille d'un concentré de rayons, ou s'il vaut mieux se tourner vers ce qui reçoit cet éclairage si particulier, cet écran qui met au jour l'image nette, révélée, ce spectateur illuminé. J'avais ces rayons de face depuis quelques kilomètres quand, lors d'une anomalie de parcours, j'entamais un long virage sur la gauche. Peu à peu le soleil déviait sur ma droite jusqu'à quasiment disparaître de mon champ de vision de cycliste qui regarde droit devant sa roue. Le virage n'en finissait pas et je fus surprit de trouver ici de la compagnie. Un autre cycliste, quoique bien sombre et plus rapide, me doublait pédalant à un rythme égal au mien, là, tranquillement presque dans le fossé. Son attitude était en tout point similaire à la mienne et cette ressemblance troublante me donna quelques frissons dans le dos malgré le soleil qui commençait à me le réchauffer. Je pédalais plus fort pour rester à ses côtés, mais son allure décidément plus vive finit par faire une bonne vingtaine de mètres d'avance. Pour rattraper mon retard, je décidais de tout donner. Le virage avait un peu moins de courbe ici, et paraissait même inverser sa rotation. Dans cette chicane, il m'a semblé reprendre une bonne partie de mon avance, mais finalement, reprenant ce long virage sur la gauche, ce compagnon bientôt crépusculaire finit par produire une accélération impressionnante qui me laissa presque sur place. Il disparu à l'horizon de la route sans se retourner mais j'allais sans doute le rejoindre dans son univers, plus tard, quand la nuit m'aura prit.

Photographie anonyme, "Anonymes", Robert Flynn Johnson

mercredi 15 juillet 2009

Cross cyclo-pédestre II (par Eugène Christophe)



"Le premier avantage du cross cyclo-pédestre est d'habituer les pratiquants de ce sport à manier leur vélo, à ne plus être embarrassés avec lui, dans aucun cas. Je connais de remarquables coureurs cyclistes qui s'illustrent soit sur une piste, soit sur route, pour lesquels la bicyclette devient une gêne et un fardeau, dès qu'ils sont obligés de mettre pied à terre pour franchir un passage à niveau fermé ou traverser un wagon de marchandises qui barre le passage. Ils ne sont pas familiarisés avec leur machine ; ils ne savent pas la porter, la poser, se servir d'elle comme point d'appui ; ils ont l'air maladroits et semblent toujours craindre de détériorer leur monture ou de se faire mal. S'ils avaient fait du cross cyclo-pédestre, la bicyclette serait pour eux un objet pratique."



"Le cross cyclo-pédestre (…) oblige ses pratiquants à faire de la marche (…) dans les chemins et sentiers impraticables, dans les terres labourées, à porter leur machine pour franchir des barricades ou des haies ; il correspond alors à un exercice d'haltères et exige de l'équilibre, de la souplesse, de l'adresse, de la résistance. (…) Ainsi l'amateur de cross cyclo-pédestre accomplit les différents mouvements du porter, du lever, de la marche, de la course et du saut. Et la bicyclette est toujours pour lui, non pas un embarras, mais un auxiliaire extrêmement précieux."



"Le cycliste doit se servir, dans le cross cyclo-pédestre, de son vélo de course à boyaux : il est bon, toutefois, qu'il ramène à 5 mètres ou 5 m. 20 son développement, qui est, je suppose, de 5 m. 50 l'été. (…) La roue libre n'est pas à recommander, quand ce ne serait que pour la position de la pédale quand on veut remonter à bicyclette. (…) Le débutant doit encore éviter de remonter trop vite à bicyclette, en haut d'une côte ; il croit parfois être en descente ou en palier, alors qu'il y a encore une rampe de 3 à 4 % . (…) En tout cas, dès qu'on remonte sur le vélo, il faut donner quelques coups de pédale très vigoureux, pour prendre une bonne vitesse initiale et être ainsi à même de se remettre bien en selle."



"Et, de même que les gens qui vont à pied aiment parfois quitter le grand chemin pour les sentiers plus tranquilles et moins poussiéreux, de même l'amateur cycliste, séduit par le cross-country cyclo-pédestre, ne se contentera plus de sillonner la route monotone et encombrée ; il parcourra les sous-bois aussi facilement que le piéton, il apprendra à manier sa bicyclette et il verra qu'il peut passer sans encombre partout où un piéton s'aventure. Il comprendra alors qu'une bicyclette ne doit pas nécessairement suivre la route comme un train suit le chemin de fer. Son admiration et son affection pour le mode de locomotion de la reine-bicyclette, ne peuvent que s'accroître à la suite de telles expériences."

mardi 14 juillet 2009

BICLOU EN MAI (retour)


Jeudi 21 mai
Juste avant d'exploser, le soleil se retient un peu. Le mois dernier, les éclairs coupaient les rayons en dix, pas le temps d'en profiter... Une ondée de feignantise plus tard, l'un de nous plonge : sortie à trois, direction guinguette sud sur Loire. Vin, frittes, salade, fromage, les yeux dans la vase radieuse. Parfait, on fête le début de l'été, le début du circuit, première étape.


Vendredi 22 mai
Le ciel est encore chargé le lendemain. Les mêmes à traîner plus un intrus et un faux jeton. Lancés à quatre, avec le même nombre de litres de bière, rendez-vous avec la préhistoire. Direction un dolmen, sur une voie à la romaine. Sur la route, on a retrouvé le vrai jeton qui nous a bifurqué la mire vers une nouvelle table à manger. On a finalement terminé la gueule dans un moulin. Décollage impossible pour cause d'intempérie de pichet, le raisin nous monte au nez, la raison, nous la perdons. L'ivresse nous embarque comme la nuit vers un retour qui n'y ressemble pas. On croit voler au dessus du bitume, on croit filer à l'horizontale vers la lune. Une halte sur une comète, histoire de regarder la terre de loin, pondre quelques conneries très à propos et reprendre le guidon de l'espace, complètement retournés. Savoir que tout le monde parmi nous sourit en pleine nuit, ça fait des étoiles dans la tête, jusqu'au matin.


Samedi 23 mai
Le lendemain, jour de course. Départ prévu à quinze heure, la météo est obscure, le réveil optimiste. Le soleil dans la gueule, les préparatifs s'organisent. Dix heure trente, le "camion" arrive. Un nuage noir énorme et rugissant s'abat sur la route, un Vélorium remplit d'eau, pouaff ! Impossible boisson. Mais la pression aura raison des gouttes et le départ se fait à sec et assoiffé. Ceux qui ont eu de la suite dans les idées auront paré la cuite. Pour célébrer cette bonne partie de jambes à l'air, chips et pastèques au mont Satan. Ses derniers coup de chaud n'aurons pas raison de nous. La pelouse s'en rappelle encore.


Dimanche 24 mai
Pas assez n'est pas suffisant, le jour d'après, c'est au 504 qu'on est à s'enfiler thé sur thé avec l'estomac impatient. La viande collée aux côtes, on roule chez une fée verte accueillante, les trésors végétaux sortent des sacs plastique. La bouche ouverte grâce au vin et à la chaleur, nous sautons sur nos selles pour envoyer de la pédale sèche vers la fraîcheur. Plongeons au poil dans les caraïbes ardoisières. L'effet est intense, mais la barbaque reste à rive et commence à faisander. On prend la direction du bec de Maine sous le soleil descendant, sous une neige de pollen de peupliers qui blanchit air et route. Au bout, on trouve la bonne cuisson, un bain de contre courant et quelques vols de cygnes, rien de moins.


Lundi 25 mai
Encore un jour plus tard, c'est lundi et le jeu continue. Trois avancent vers un autre endroit, un bayou à la mayennaise. Le souvenir d'un rocher à baignade nous pousse à casser des branches de berge. La jungle prendra le dessus. Nous optons pour la stratégie du contournement. Les vélos restent couchés à l'ombre d'un arbre et nos jambes poursuivent accompagnées de nos yeux et de nos oreilles. Une rive boisée, nos semelles brisent la brindille, le soleil filtre, le vent souffle, les branches craquent, grincent, personne n'a quoi que se soit à rajouter. Le roc se laisse découvrir et surmonter pour profiter de la perspective. Quelques piqûres de tiques plus tard, marche puis pédalage de retour en bourrasque. L'orage ménage, mais éclate avec impatience juste à notre arrivée en ville. La première goutte tombe juste quand nos lèvres trempent dans la mousse.

mardi 9 juin 2009

Réaction enchaînée



Pour avoir été si peu, certains devaient avoir senti l'arnaque. Ça a faillit dérailler, mais grâce à des règles souples, l'arrivée a pu être célébrée à coup de bières et de chips.
1er : couple Tomme Bounène
2ème : couple Pinky Wimpy Nuve Negra ex æquo avec couple Jak Hanktil
3ème : couple Elmut
4ème : couple L2M sur abandon

lundi 27 avril 2009

Biclou en mai

Samedi 9 mai


Samedi 23 mai

dimanche 26 avril 2009

Un voyage de mille lieues a commencé par un pas.

GRP Loire et Divatte


Autres photos ici

Départ d'Ancenis à 14h03.
À peine passé le pont pour rejoindre la rive sud, on sortait la carte, croyant déjà en avoir dépassé les limites. Le presque tout premier croisement nous posait problème : je devinais là qu'il n'allait plus s'agir de se laisser guider confortablement par la marque jaune, mais plutôt par notre seule intuition, mise à rude épreuve par notre cynisme. Le droit chemin existe-t-il ? L'intérêt d'être deux dans ce cas, c'est que quand l'un divague, il y a au moins l'autre pour avoir les réflexes, pourquoi pas de survie. Non, nous n'avons pas risqué notre vie, elle n'a même jamais été mise en danger, quoique qu'une adoption de genre puisse être considérée comme un changement de vie : à un moment donné, notre famille avait plus forme bovine qu'humaine. Mais le temps a passé et la route aussi.
Une fois la bave de vache séchée et quelques hectomètres de barbelés plus loin, une descente bien étroite et joueuse nous donne un peu de répit en nous ouvrant une chambre à air. Le viticulteur-éboueur nous avait pourtant prévenu de ce passage en attaque de serpent. Le soleil commence à être rasant, nous pensons au duvet, au feu et à une bouteille de remontant. Moi je pense à "Gerry", un des films que j'emporte tout le temps avec moi en balade. J'en profite pour me le repasser le temps de la vulcanisation : "On est perdus". Rustine collée, coup de pompe passé, retour sur la trace. Quelques milliers de mètres qui aurons encore pris notre temps, les épaules entre les crochets ferreux et végétals, nous rencontrons une fermière dans sa cour. Avides de doigts tendus vers l'horizon de sortie, nous lui demandons où se trouve un village qui est à une poignée de kilomètres de chez elle, là, sur la carte : "Comment ? Le Fuilet ? Non, je ne connais pas... C'est une commune ?" Un grand merci puis nous passons notre chemin, la roue aventureuse, heureux de savoir qu'il existe encore des villages à découvrir dans cette vaste campagne.
Trente cinq kilomètres depuis le départ, la moitié à peine de la boucle et la pâte blanche au coins de la bouche, les yeux abîmés par les marques fantômes errantes comme des ombres sur des vestiges de poteaux et autres branches mortes, nous décidons de quitter ce sentier de chèvre pour une route bien droite nous ramenant presque tout droit à la bergerie. Dix sept kilomètres à fond avec mon court mono pignon collé derrière la roue vingt et une vitesses du bouc, nous arrivons enfin en vue d'un fût de bière, le couché de soleil dans la gueule. Arrivée à 21h07.
Non, ce chemin n'existait plus, et nos souvenirs de tous ces petits passages non plus, tellement ils furent nombreux et compliqués. Seul persiste l'impression d'un tout trompeur et amusant, un tour de magie qui n'en finit pas et dont la surprise est en continue.
À quand la suite ?

Foutu GR, à renomer "GR Fausse route"

jeudi 9 avril 2009

Itinéraire modifié

"La marche

La route était nationale et régulière. Le touriste qui voudra l'examiner sortira de Paris à son gré par la porte d'Italie, ou préférablement, afin de troquer le pavé contre la longue mais assez bénigne montée d'Arcueil, par la porte de Gentilly — Villejuif — Trottoir cyclable : la Belle-Épine, la Vieille-Poste, Paray, la Cour-de-France. Descente sur bas-côtés, Juvisy à gauche. Il laissera à droite M. Legay, lequel exerce la profession juste, et subtile et soeur de la mort, de marchand de sable. Montée pavée, et qui ne le sera plus, de Ris — Grande route admirable de huit mille mètres, jusqu'à Essones. Au coucher du soleil, les chevêches y ricanent sur les bornes kilométriques, dédaignant les hectométriques trop basses, et de grands lièvres vous "chauvent" des oreilles en dégustant les graines dont se farcissent les crottins de cheval. À gauche, interminable Grand Mur d'Évry : quinze cents mètres. Descente sur une route de goudron funèbre. Montée pavée ou détour dans Corbeil vers une autre côte de sable égal. Le Pressoir-Prompt. La Demi-Lune. Le Plessis-Chenet... et soudain, sur cette route qui est la nationale joignant Seine-et-Oise et Seine-et-Marne, l'inscription, qui date du Premier Empire, et qui signale que cette route mène où mènent toutes les routes en général mais d'une façon fantastiquement particulière :

ROUTE DE ROME"

Alfred Jarry, La Dragonne, II ième partie, chap.II : "La Marche" 1906

Si le parcours était à refaire maintenant, je ne crois pas qu'il aurait la plume si légère... Jarry aurait peut être écrit "La liberté de circuler"

Entre deux siècles, celui des Cassini et le nôtre, la trace de Jarry :

mercredi 1 avril 2009

Barrenkale


Je n'ai pas su imaginer ce qu'il pouvait y avoir derrière cette porte d'une rue de Bilbao que je foulais ce week end. Je suis resté planté cinq minutes devant, et ma tête n'a rien secoué du tout. Ça n'est que sur la route du retour que je me suis souvenu d'une image que j'avais capturé lors d'un autre passage dans le même village. Une porte avant de l'arrière temps : Viscaya, deux coureurs sans doute lors d'une course. Cette image me poumone parce l'air y semble si paisible et poussiéreux que j'aimerai le respirer derrière eux. Des plans : les vélos de course ne sont pas dérapants, les quatre publics mi-ombre mi-chaud, le bosquet touffus frais, la villa dégagée et la colline à vue de nez. Un plan d'ensemble qui sent le dimanche à pleines babines...

mardi 31 mars 2009

"Gare - Gare"


Sans doute parce que l'ennui guettait au coin de la ruée du samedi soir, il a fallut pondre une connerie : prendre un train en gare d'Angers à 17h53 pour Ingrandes. Une fois à destination sur les coups de 18h16, enfourcher les bécanes et rejoindre, en passant par Beausse, la deuxième commune culminant mesurément le département, le 20h09 de Chalonnes, destination Angers, fin de service. Trente cinq bornes sans se louper pour ne pas s'en rajouter le double. En gare ! Première pression à froid : le train a du retard, il va falloir compenser dans les bosses. Une fois sur le quai, on jette nos machines dans la soute à biclou, nos tickets de voyage en main. C'est idiot, mais dès que je monte dans un train, j'ai l'impression d'aller loin, alors mon esprit sourit. Premiers kilomètres en sortant d'Ingrandes, du plat en brume qui nous laisse froid. Avec la bonne idée de vouloir recoller deux virages voisins sur la carte, on raccourcit à ma façon, et on se colle deux rivages de lac boueux et pentus avec nos engins de route. Mon collègue de sentier se marre, et me charrie un peu sur "ces chemins Maya" qui me sont si cher et qui le font si chier quand il est bien monté sur sa bicyclette de course qui brille comme un miroir de bordel. On sort de la vallée sans halte pour filer en haut de Beausse. Une copie de lacet nous fait croire qu'on est en pleine ascension, mais notre front suintant ne nous trompe pas. Une fois un peu au dessus de Beausse, sur un château d'eau à 174 mètres de plafond, on profite d'un réel tour d'horizon. Pas le temps de se refroidir les yeux que nous voilà reprit par la route. De l'avis de mon voisin de route, c'est plutôt nous qui la prenons, et fermement : il me dit avoir l'impression de "violer les Mauges". C'est une croisière de vitesse que nous nous payons, et cher, quelques erreurs de parcours plus tard. La nuit tombe, et encore une bonne idée de raccourci de carte qui ne tourne pas rond une fois dans la boue. Longer une parcelle quand la haie a disparue, ça ne mène nulle part. Le notre d'ailleurs ressemblait fort à une forêt, bien sombre et bien humide, silencieuse comme la nuit qui nous entoure maintenant. On s'y engouffre sans crainte parce que, vous l'aurez aperçu, on aime se mettre des bâtons dans les roues. Quelques branches plus loin, on trouve un chemin qui mène droit à une lumière et à un bruit de moteur : une ferme la nuit avec un tracteur qui tourne tout seul. En s'approchant, apparaît une cote verte avec quelqu'un dedans. Je demande à la cote verte où récupérer la route pour Chalonnes :
- "Vous êtes sur une propriété privée, là"
- "Oui, je sais, on est perdu, alors je demande mon chemin."
- "Oui bah la dernière fois que je me suis perdu, je me suis fait péter la gueule."
Je fais volte face pour traverser sa très basse cour sur les chapeaux de roue, mais dans ce mouvement élégant, j'en oublie que j'ai encore un pied dans l'étrier. Des graviers plein les mains, je me met dans la roue de mon compagnon goguenard. Après quelques kilomètres de sueur nocturne, un clocher baignant dans une lueur orangeâtre nous invitent à nous réintégrer socialement. 19h32. "C'est Chalonnes ! Cool, on va l'avoir cette foutue loco !" Panneau : Saint Laurent-de-la-Plaine. Merde, plantage. On trouve une pancarte "Chalonnes 5 km". Il est 19h37. On se renifle une belle et longue ligne droite pleine de gaz qui monte puis descente à fond dans Chalonnes, les pédales qui s'emballent. En bas, le pote s'arrête comme il faut avec ses freins sur la ligne, et à côté des bleus qui squattent le stop. Moi qui voulais tout griller, plein d'élan, je décide quand même de me ranger, vu la couleur de l'horizon. En travers, j'approche trop, je trouve, la plage arrière de la clio, presque à récupérer l'équilibre avec une paluche sur la lunette. Pas de coup de bec et pas le temps de discuter, on file par un raccourci vers notre rendez vous de gare. Dernière ligne droite, dernière côte, dernier virage, dernière suée : on est sur le quai à 20h06. Trois petites minutes "d'avance". Une fois le cul posé dans la rame, on s'est juste poilés comme des cons, sans aucune autre raison que d'avoir réussit à faire un truc qui ne sert à rien.

À voir : "Les Cracks", Alex Joffé, 1968

jeudi 26 mars 2009

Cheval vapeur


Suivre une trace. Laquelle choisir ? Le paysage change. Après être sorti du Petit Anjou il y a longtemps, je me suis penché la tête entre les pages de quelques bouquins sur les rails du coin. Arpentant cette histoire à vapeur aux déroutes folkloriques, il m'a pris le printemps dernier de vouloir déterrer les traverses des voies ferroviaires locales. Mon réflexe presque systématique de projection par la carte m'a fait découvrir l'archéologie du parcours. Ouvrez un plan détaillé et observez bien : on y trouve à coup sur quelques lignes étrangement droite se succédant à des courbes parfaites. Elles taillent la mosaïque chaotique des parcelles pour dessiner la vitesse. Un chemin, une courbe de niveau, un pont abandonné, le nom d'un lieu dit, ... autant de signes qui vous mettent sur la voie. Une fois la recomposition faite, je suis monté sur ma machine pour la pratiquer. Au départ d'Angers, je devais rejoindre Thouarcé puis Chalonnes-sur-Loire pour enfin rentrer sur Angers. La fouille urbaine fut sociale, la campagnarde piquée d'épines. Derrière les ponts condamnés, les constructions récentes et les clins d'oeil, j'ai pu trouver quelques souvenirs partagés avec des vieilles sorties dans leur jardin pour faire couler le temps. "Ah oui ! Là, il y avait un passage à niveau, et vu qu'il était dans le virage, il y avait beaucoup d'accident, le soir, quand les gars rentraient du centre... La journée, on voyait passer les voyageurs pour Poitiers. Ça fait bien longtemps çà... Tenez, là, c'est la maison du garde barrière !". Un autre signe à surveiller. Des piles de pont seules au milieu de la Loire et du Louet, en voici un autre qui m'avais toujours intrigué petit : "Il est cassé le pont, pourquoi ? Le train, il est tombé avec ? Il est où le train, sous l'eau ?" Il est juste là, dans ma tête, il continue sa route et je le poursuit. À l'entrée d'un champ, la couleur du sol trahit encore l'existence passée d'une levée d'ardoise. Jusqu'à Brissac, le chemin tantôt goudronné tantôt terreux, me mène sans gravité ni inertie. Le train choisit sa route : pas de raidillon ni de chicane, sinon le voyageur dégueule et le train déraille. Je plonge dans la forêt de Brissac. La végétation, c'est pire que l'urbanisme, ça pousse vraiment n'importe comment et c'est hyper dangereux. Je renonce aux ronces puis je me perds, me retrouvant comme un con au milieu d'un labour tout frais sans savoir par où poursuivre. Je trouve une maison de garde barrière habitée. "Non, le seigneur est en vacances, vous ne le trouverez pas en chasse sur votre route." Je viole le domaine, m'imaginant à la fenêtre du wagon, profitant de cette intrusion dans l'ancien toujours actuel monde des riches. À la sortie de ce jardin démesuré, je passe "La Gare", lieu dit dont le nouvel aménagement n'en dis pas plus, surtout pas moins que sa pub "L'élec, c'est Dédélec". Faut bien bouffer, loin du gibier. Il y a bien un endroit où je me serai bien rassasié, si j'en avais eu les finances : la gare de Bonnezeaux. Et il n'y a sans doute pas que ça à boire, de la sale flotte. Plantée là le long du chemin, elle donne soif à voir. La descente sur Thouarcé retourne toute votre envie d'aller vite et droit. Et votre estomac soumit à la fringale. En wagon, on s'affaisse doucement vers Le Perray pour ensuite revenir quasi sur ses pas un peu plus bas à l'entrée du village. Le genre de détour pour lequel il ne vaut mieux pas avoir un bon sens d'orientation, au risque d'être totalement déboussolé. La suite, je suis le compagnon du Layon jusqu'à Challones. Un train-train de pédalage sans cassures qui vous conduit le long du meilleur endroit pour profiter de la faible profondeur de la vallée : le bas. D'ici, le haut parait plus haut. M'ayant passablement épuisé sous ce soleil chauffé à blanc, et la nuit tombant, je décide de retrouver le train du retour à Challones. Cette fainéantise moderne n'aura pas eu son strapontin deuxième classe pour vautrage. Une alerte à la bombe en gare d'Angers laisse la micheline soudée en gare de Chemillé. À la course au train fantôme, je me retrouve seul, sans adversaire ni secours. Je rentre alors sur Angers comme sur des rails le cul sur ma selle, avec le souhait d'entendre siffler la loco à mes côtés partit en fumée.

À lire : "Ubu cycliste", Alfred Jarry

mercredi 25 mars 2009

Le Cul de Jau

Chalonnes - Ancenis par le GR3 (sud)


Il y a des sorties qui vous laisse de bons souvenirs. Vu que ma mémoire est aussi performante qu'un œuf à la coque, je ne dois pas remonter bien loin pour vous faire part de mon dernier coup de cœur, à 180 battements par minutes. Gamin, j'adorai les balades en familles mélangées, carte en main, chaussures au pieds, sac au dos, et boussole à tout vent. Mon jeu préféré, l'éclaireur : retrouver les signes rouges et blancs laissés par les indiens. Je les trouvais sur une pierre discrète, sur une branche cachée ou encore sur le mur d'une ruine. Ces sigles variaient de forme et avaient toujours une signification. Si on les interprétait correctement, on les poursuivait continuellement. Rien de plus. Mais le chemin s'allongeait et le plaisir avec. Depuis, voulant retrouver cette impression de découverte cheminante, je rêvais de sentiers sur la carte pour ne plus ensuite jamais sortir sans elle. Loin de la replier sur moi même, elle se dépliait au vent pour m'ouvrir l'horizon. Antidote au panneau de circulation (auto)mobile qui vous redirige systématiquement vers les grands axes, vers le plus court, vers le plus rapide, la carte vous permet de pratiquer les petites routes à peine carrossables, de vous enfoncer plus profondément dans la nature. Mais à devenir de plus en plus gourmand de ces chemins de traverse, la course d'orientation devenue tellement précise, j'en avait presque perdu l'errance. Il eu fallut qu'un ami de manivelle oublie de me rendre ce précieux atlas pour que je parte presque sans plan. J'allais retrouver mon jeu de pisteur indien et avec le plaisir de rouler sans dérouler le papier. Cette sortie fut parfaite à mon goût. Voici le souvenir que j'en ai, inclus le ruissellement très feng shui, le vert qui fait plus faux que nature, la fraîcheur encore moite du premier temps, les cailloux qui traînent qui prennent le soleil et un bon col à gravir au fond de la vallée.

mardi 24 mars 2009

Cross cyclo-pédestre

Si vous pensez que faire une sortie à vélo c'est pédaler à fond votre boucle habituelle la tête dans le guidon, si vous en avez marre des voitures qui vous frôlent à 90 km/h sur les routes de campagne, si vous pensez que le VTT c'est trop bourrin et que c'est trop cher, si vous croyez connaître par coeur votre région, si vous voulez tracer votre propre chemin... trouvez vous un vélo demi-course et mettez-y des pneus à crampons, virez à l'occasion les dérailleurs et vissez une belle roue libre à pignon unique à votre roue arrière, réglez vos freins, préparez votre casse-croûte, prenez un peu de monnaie pour les buvettes, votre carte détaillée du coin et cassez-vous bordel !

En 1903, Géo Lefèvre invente le cyclo-cross en organisant le premier " cross cyclo-pédestre ". " Supposez un cycliste qui ait en temps de guerre par exemple, l'obligation de ne pas se contenter des grandes routes, de rouler ou de trotter à travers des terres labourées, de se faufiler dans les sous-bois, de franchir des fossés et vous saurez ce qu'est le principe du cross cyclo pédestre. "
Géo Lefèvre.


Dès que je me remémore les souvenirs heureux de ma première ballade du genre, ou dès que je déplie une carte de la région, je n'ai qu'une envie : sauter sur ma selle avec ma besace et prendre le premier chemin venu. Ici un sentier sombre et étroit, puis un ruisseau là bas une ruine attirante, une barrière et quelques vaches curieuses au loin une colline à point de vue, le soleil tape dans mon dos et derrière moi la même chose, en différent. Pas un feu orange à griller, pas une priorité à se faire surprendre, pas de signalisation autoritaire ni d'autorité trop signalante, hors du monde ? Non, dans ce monde (campagnard) mais avec un peu de liberté de mobilité redécouverte. Les surprises rencontrées sur ce genre de parcours m'ont fait réviser mes réflexes & envies de cycliste. Venu à la route pour ses panneaux de kilomètres et destinations qui ont goût de voyage, la frustration de se tailler le sien à travers la verdure reste encore vive. Les crampons sur le terreau, vous n'avez qu'à suivre votre flair enrhumé ou l'indice trompeur, vous trouverez de toute façon l'inattendu et l'inverse. Pas de route-verte-michelin-via-sites-touristiques-et-panorama-accessible-en-voiture. Même si vous tombez dessus, il n'aura pas le même goût : vous l'aurez (re)découvert à votre façon, aucun plan de route ou guide touristique ne vous l'aura mis en bouche auparavant. La faim et la soif vous viennent ? Visez un clocher=bar ou croquez sans défense dans le fruit étendu ou pendu à vos côtés. Pas envie de rentrer, petite sieste non crapuleuse pour cette fois, digestion sensorielle utile, habiter ici, n'importe où. Je suis bien. Le reste, j'espère.

Le soleil revient, les jeux de roues aussi...

Voilà deux rendez vous qui tombent à pic si vous aimez les jeux de piste en ville. Ça faisait un moment que les rues étaient vides...



lundi 23 mars 2009

Paul de Vivie

Salut
Voici deux mots qui résonnent sous mon casque. Deux sur lesquels je viens de tomber et que je n'avais jamais encore lus. Alors j'en profite pour les accrocher ici, en lieu d'inauguration de ce blog.


"Je suis un primitif m'efforçant d'élaguer de l'existence toutes les complications de l'extérieur, recherchant les plaisirs qui naissent de nous-mêmes. »
Vélocio - 1898

« La bicyclette n'est pas seulement un outil de locomotion ; elle devient encore un moyen d'émancipation, une arme de délivrance. Elle libère l'esprit et le corps des inquiétudes morales, des infirmités physiques que l'existence moderne, toute d'ostentation, de convention, d'hypocrisie – où paraître est tout, être n'étant rien – suscite, développe, entretien au grand détriment de la santé. »
Vélocio - 1903